La loi sur le gaspillage de l’électricité est coûteuse et dangereuse, y compris pour l’agriculture

La loi sur le gaspillage de l’électricité provient des mêmes cercles de gauche que les initiatives extrêmes sur l’élevage intensif, l’eau potable, les pesticides et la biodiversité. L’objectif est toujours le même, l’agriculture suisse doit être sacrifiée sur l’autel des utopies de la gauche rose-verte. C’est également le cas de la loi sur le gaspillage de l’électricité sur laquelle nous voterons le 18 juin. Cette loi n’apportera rien pour le climat mondial, mais elle détruira la production agricole en Suisse.

Pierre-André Page
Pierre-André Page
conseiller national Châtonnaye (FR)

L’objectif principal des auteurs de l’initiative des glaciers est clairement l’abandon des énergies fossiles. Le contre-projet indirect, au nom trompeur de « loi sur la protection du climat », répond à cette préoccupation principale. Il n’est donc pas étonnant que les auteurs de l’initiative aient retiré leur texte au profit de ce contre-projet.

Cette nouvelle loi est mensongère, coûteuse et dangereuse. Elle stipule que la Suisse doit réduire ses émissions de CO2 à zéro d’ici 2050. Cela ne peut être atteint qu’en interdisant l’essence, le diesel, le mazout et le gaz. En clair, chaque voiture, chaque camion et chaque tracteur devra fonctionner à l’électricité, et c’est pareil pour le chauffage. Cette obligation doublera la consommation d’électricité de la Suisse par rapport à aujourd’hui et c’est la raison pour laquelle nous parlons d’une « loi sur le gaspillage de l’électricité ». Les prix de l’énergie vont exploser. Selon une étude de l’EPFZ, les coûts supplémentaires pourraient atteindre jusqu’à 6’600 francs par habitant et par an ! Or, nous n’avons pas suffisamment d’électricité et à prix déjà trop élevé. Pour nous, paysans, avec toutes nos machines agricoles et nos parcs de bâtiments parfois importants, cette loi est ruineuse !

Les partisans de la loi sur le gaspillage de l’électricité ont peur de nous, les agriculteurs, parce que nous avons récemment mis en échec des revendications extrêmes de la gauche comme l’initiative sur l’élevage intensif ou celle sur l’eau potable. Pour nous faire taire, ils n’ont pas inscrit dans la loi d’objectifs climatiques explicitement contraignants pour l’agriculture.

Cette manœuvre est toutefois trompeuse ; la loi sur le gaspillage de l’électricité prévoit des objectifs intermédiaires pour les secteurs du bâtiment, de l’industrie et des transports. L’agriculture est certes encore exclue. Mais la loi stipule : « Le Conseil fédéral peut (…) fixer des valeurs indicatives pour d’autres secteurs, pour les gaz à effet de serre et pour les émissions provenant d’agents énergétiques fossiles ». Le rapport du Conseil fédéral sur l’orientation future de la politique agricole et alimentaire fournit un premier indice que les mesures seront bientôt étendues à l’agriculture : il y parle d’une production de denrées alimentaires optimisée sur le plan environnemental à l’avenir, avec une réduction de 69 % de la part de viande !

La Suisse n’est responsable que de 0.1 % des émissions mondiales de CO2 et seulement 14.8 % environ de ces émissions proviennent de l’agriculture. Sachant que la capacité de réduction du CO2 de la production végétale et des prairies n’est pas prise en compte ici. La Chine, à elle seule émet autant de CO2 en une demi-journée que la Suisse en un an !

L’Union suisse des paysans a décidé de justesse, par 46 voix contre 40, de dire oui. Nombreux sont les partisans qui pensent que le système des paiements directs sera adapté afin qu’ils ne subissent pas de pertes notables. Ils espèrent en outre obtenir des aides supplémentaires, voire de nouvelles sources de revenus.

Mais les faits sont les faits, l’objectif net zéro ne peut être atteint qu’en réduisant massivement le nombre d’animaux de rente et en interdisant l’essence, le diesel, le mazout et le gaz. Pour l’agriculture, cela signifie une nouvelle mécanisation extrêmement coûteuse, et je doute que cela soit possible. Dans le domaine de la technique agricole, les machines efficaces avec des moteurs électriques ne se profilent guère pour le moment.

La loi sur le gaspillage de l’électricité nuit gravement à notre agriculture productrice et donc à notre autosuffisance alimentaire et c’est pourquoi nous devons, dans l’intérêt de l’agriculture, voter NON à cette coûteuse et mensongère loi le 18 juin.

Pierre-André Page
Pierre-André Page
conseiller national Châtonnaye (FR)
 
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