Le monde est devenu plus instable. La guerre a fait son retour en Europe, les tensions entre grandes puissances augmentent et les conflits se multiplient. Dans ce contexte, certains voudraient que la Suisse choisisse son camp, s’aligne sur ses voisins et abandonne progressivement ce qui a pourtant fait sa force pendant plus de deux siècles : sa neutralité. Ce serait une grave erreur.

La neutralité suisse n’est ni de la faiblesse, ni de l’indifférence. Elle est un choix politique clair : celui de ne pas participer aux guerres des autres et de défendre nous-mêmes notre pays. C’est cette ligne qui a permis à la Suisse de traverser les périodes les plus sombres de l’histoire européenne en préservant son indépendance et sa sécurité.
Mais la neutralité ne protège que si elle est crédible. On ne peut pas être neutre un jour et choisir son camp le lendemain en fonction des pressions internationales. À force de reprendre des sanctions, de multiplier les rapprochements avec l’OTAN et de vouloir mener une politique étrangère toujours plus alignée sur celle de l’Union européenne, nous brouillons notre position. Lorsque notre neutralité devient illisible, la Suisse perd aussi sa capacité à être utile.
Importante pour nous… comme pour le reste du monde
Car la neutralité n’est pas seulement importante pour nous. Elle permet à notre pays de parler avec tous. Depuis des décennies, la Suisse offre ses bons offices, accueille des négociations et représente des intérêts étrangers. Genève est devenue un lieu incontournable de la diplomatie internationale précisément parce que notre pays a su construire une relation de confiance avec des États qui, parfois, ne se parlent plus entre eux.
Dans un monde agité, faut-il vraiment renoncer à cette particularité ? Je pense exactement le contraire. Plus les blocs s’affrontent, plus un pays indépendant, neutre et capable de dialoguer avec chacun est nécessaire.
C’est tout l’enjeu de l’initiative sur la neutralité. Elle veut inscrire clairement dans notre Constitution une neutralité perpétuelle et armée et empêcher que ce principe fondamental soit continuellement réinterprété au gré des événements et des majorités politiques.
Un texte plus actuel que jamais
Il ne s’agit pas de regarder vers le passé avec nostalgie. Il s’agit de préserver pour l’avenir un principe qui a fait ses preuves.
La Suisse est un petit pays. Nous ne rendrons pas le monde plus sûr en nous alignant sur les grandes puissances. En revanche, nous pouvons rester un pays libre, indépendant, capable de se défendre et de parler avec tous.
Notre neutralité est un socle. Dans le monde agité d’aujourd’hui, nous avons plus que jamais besoin de fondations solides. Le 27 septembre, votons donc OUI à l’initiative sur la neutralité.