Quand la violence s’installe à nos portes

À quelques kilomètres de Genève, Annemasse est confrontée à une inquiétante flambée de violence liée au narcotrafic. Fusillades, règlements de comptes, trafiquants armés et récemment des scènes de pillages et de violences urbaines inouïe : ce qui se déroule aujourd’hui de l’autre côté de la frontière doit nous alerter.

Céline Amaudruz
Céline Amaudruz
conseillère nationale Vandoeuvres (GE)

Annemasse n’est pas Marseille. Et pourtant, les images et les faits rapportés ces dernières semaines sont préoccupantes. Le 6 septembre, un jeune homme de 25 ans a été abattu dans le quartier du Perrier. Une quinzaine de douilles de calibre 7,62 mm ont été retrouvés. Le lendemain, deux hommes étaient blessés par arme à feu à Ville-la-Grand. À Gaillard également, plusieurs fusillades ont été signalées cet été.

Plus inquiétant encore : des hommes encagoulés et armés se sont récemment affichés sur les réseaux sociaux pour menacer leurs rivaux autour d’un point de deal. Fin septembre, des coups de feu ont encore été tirés contre une pizzeria en plein centre d’Annemasse.

Le 17 octobre dernier, une explosion de violences sans précédent a dévasté les rues des grandes villes de France : pillages massifs, incendies de bâtiments publics, destruction de véhicules, rien n’a été épargné et les scènes se sont déroulées aussi à Annemasse.

Tout cela se déroule aux portes de Genève.
Pour l’heure, la police judiciaire genevoise affirme ne pas observer de signes précurseurs d’un phénomène comparable dans notre canton. C’est heureux. Mais attendre que les mêmes méthodes s’implantent chez nous avant de réagir serait irresponsable.

Une frontière n’est pas une simple ligne dessinée sur une carte. Elle constitue aussi un instrument de sécurité. Lorsque des bandes criminelles peuvent circuler rapidement d’un territoire à l’autre, commettre des délits puis repasser la frontière, nos autorités doivent disposer des moyens nécessaires pour les identifier et les arrêter.

C’est précisément l’un des objectifs défendus par l’initiative pour la protection des frontières : renforcer la surveillance des points de passage et permettre des contrôles systématiques des personnes, avec des procédures simplifiées pour les Suisses et les frontaliers.

Genève connaît mieux que quiconque la réalité d’un territoire frontalier. Les milliers de personnes qui traversent quotidiennement la frontière pour travailler ne sont évidemment pas le problème. La criminalité organisée, elle, ne doit jamais pouvoir profiter de notre ouverture.

Ce qui se passe aujourd’hui à Annemasse et en France en général constitue un avertissement sérieux. La Suisse doit conserver la maîtrise de ses frontières et les moyens de protéger efficacement sa population. Disons OUI à l’initiative pour la protection des frontières.

Céline Amaudruz
Céline Amaudruz
conseillère nationale Vandoeuvres (GE)
 
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