La pénalisation fiscale du mariage est un vrai problème. Personne ne le conteste sérieusement. Il n’est pas acceptable que des couples mariés paient davantage d’impôts que s’ils vivaient en concubinage. Cette inégalité doit être corrigée. Mais la solution proposée par le PLR et par la gauche – l’imposition individuelle – est une fausse bonne idée. Pire : elle constitue une attaque frontale contre l’institution même du mariage et, au-delà, contre la famille.

Le mariage n’est pas un simple contrat administratif entre deux individus autonomes qui continueraient à mener, côte à côte, des existences parallèles. Il est l’union de deux êtres qui choisissent librement de ne plus faire qu’un. Cette communauté de vie, de destin et de responsabilités fonde la famille, cellule de base de notre société. Il est donc naturel que le couple marié forme aussi une unité en matière fiscale. En faire deux sujets fiscaux distincts revient à nier cette réalité fondamentale.
L’imposition individuelle procède d’une vision purement individualiste de la société. Elle considère le ménage non plus comme une communauté solidaire, mais comme une juxtaposition d’intérêts particuliers. À terme, cette logique affaiblit ce qui fait la force de notre cohésion sociale : la stabilité des familles, la complémentarité des rôles, la solidarité entre époux. Une société qui dissout la famille en une somme d’individus isolés se fragilise elle-même.
On tente de nous vendre l’imposition individuelle comme un progrès pour l’égalité. En réalité, il s’agit d’une véritable arnaque fiscale pour de nombreuses familles. Les familles monoparentales, déjà confrontées à des charges lourdes, risquent d’y perdre. Les couples avec un seul revenu – ou avec un revenu principal nettement plus élevé que le second – seront pénalisés. En d’autres termes, les familles qui ont fait le choix, souvent pour le bien des enfants, qu’un parent réduise ou interrompe son activité lucrative, seront frappées de plein fouet. Est-ce cela, la justice ?
Il existe de vraies solutions
Corriger la pénalisation du mariage ne doit pas signifier pénaliser d’autres modèles familiaux. Il existe une alternative crédible et équitable : le quotient familial. Cette solution permet de tenir compte de la capacité contributive réelle des ménages, en fonction du nombre de personnes à charge. Elle respecte l’unité du couple marié tout en assurant une imposition plus juste pour les familles avec enfants. Elle évite de dresser les modèles familiaux les uns contre les autres et renforce la solidarité intergénérationnelle.
Avec le quotient familial, on s’attaque réellement à l’injustice fiscale, sans sacrifier l’institution du mariage sur l’autel d’une idéologie individualiste. On reconnaît que la famille n’est pas un problème à déconstruire, mais une richesse à protéger.
La Suisse a besoin de familles fortes. Elle a besoin d’un cadre fiscal qui soutienne l’engagement durable de deux personnes qui choisissent de construire ensemble un avenir commun. L’imposition individuelle est une mauvaise solution à un vrai problème. Ne nous trompons pas de combat.