La Suisse est un pays de terres rares. Rare par sa beauté, mais surtout rare par ses surfaces agricoles. Chaque hectare compte. Chaque mètre carré de terre cultivable est un bien précieux, fruit du travail de générations de paysans. Et pourtant, sous nos yeux, ces terres disparaissent. Pourquoi ? Parce que notre population explose.

L’initiative « Pas de Suisse à 10 millions ! » vise précisément à stopper cette fuite en avant. Elle fixe un cap clair : notre population ne doit pas dépasser dix millions d’habitants d’ici 2050, avec des mesures dès 9.5 millions. Ce n’est pas une lubie politique. C’est une nécessité vitale.
Car l’immigration démesurée exerce une pression directe sur le territoire. Chaque année, des milliers de logements supplémentaires doivent être construits, des routes élargies, des infrastructures étendues. Et sur quoi construit-on ? Fatalement, sur des terres autrefois agricoles. Sur ces sols fertiles qui nourrissent notre pays.
En tant qu’agriculteur, je le vois concrètement : les champs reculent, les zones à bâtir avancent. Ce n’est pas un slogan, c’est une réalité quotidienne. Plus de 100’000 personnes entrent chaque année en Suisse et s’y installent, c’est plus de 2x la population de la ville de Neuchâtel ! Et derrière cette réalité, une question fondamentale se pose : comment garantir notre sécurité alimentaire si nous continuons à sacrifier nos terres ?
La sécurité alimentaire est menacée
La Suisse ne produit déjà qu’une partie de ce qu’elle consomme. En cas de crise internationale, de rupture des chaînes d’approvisionnement ou de tensions géopolitiques, notre dépendance devient un risque majeur. La sécurité alimentaire n’est pas un concept abstrait : c’est la capacité à nourrir notre population, ici, chez nous.
Continuer à encourager une croissance démographique incontrôlée, c’est accepter de dépendre toujours davantage de l’étranger pour notre alimentation. C’est fragiliser notre souveraineté.
Certains prétendent que cette initiative serait extrême. Mais ce qui est extrême, c’est de croire que notre territoire est extensible à l’infini. La Suisse est un petit pays, avec des ressources limitées. Ignorer cette évidence, c’est faire preuve d’irresponsabilité.
L’initiative pour la durabilité remet simplement du bon sens dans notre politique. Elle ne ferme pas la porte, elle fixe des limites. Elle rappelle que la durabilité ne concerne pas seulement l’environnement, mais aussi l’équilibre entre population, territoire et ressources.
Nous avons le devoir de transmettre à nos enfants une Suisse capable de se nourrir, de préserver ses paysages, et de rester maîtresse de son destin.
Dire OUI à « Pas de Suisse à 10 millions ! », c’est défendre notre agriculture. C’est protéger nos terres. C’est garantir notre sécurité alimentaire et surtout, c’est choisir l’avenir.