Qui pourrait être contre une alimentation sûre, une eau propre et une agriculture forte ? Personne. C’est ce qui rend l’initiative sur l’alimentation si trompeuse : derrière son titre rassurant se cache un programme de mise sous tutelle de notre agriculture et de nos assiettes.

Les initiants promettent de porter notre taux net d’auto-approvisionnement à 70% en dix ans. L’objectif paraît séduisant. Mais leur recette consiste à orienter production et consommation vers davantage de denrées végétales et moins de produits d’origine animale. Autrement dit, au lieu de faire confiance à nos paysans et aux consommateurs, on veut que l’État décide davantage de ce qui doit être produit et de ce que nous devrions manger.
Un modèle inadapté à l’agriculture de montagne
Pour un canton comme le Valais, avec ses régions de montagne, ses alpages et son élevage, cette vision technocratique est absurde. On ne transforme pas, d’un trait de plume constitutionnel, des pâturages alpins en champs de céréales ou de lentilles. Notre agriculture doit s’adapter à nos sols, à notre climat et à nos traditions, pas à un schéma idéologique conçu loin des réalités du terrain.
Il y a pire. Pour atteindre les objectifs rigides de l’initiative, la Confédération devrait intervenir massivement dans la production agricole. Le Conseil fédéral met en garde contre des coûts élevés et une restriction du libre choix des consommateurs. Et si de nouvelles mesures commerciales devenaient nécessaires, elles pourraient entrer en conflit avec nos engagements envers l’OMC, l’Union européenne et nos partenaires de libre-échange.
Dépendance accrue de l’étranger
Quelle ironie : une initiative prétendument destinée à nous rendre plus indépendants risquerait de faire dépendre davantage notre politique alimentaire de règles et de contraintes négociées à l’étranger !
Oui, la Suisse doit renforcer sa sécurité alimentaire. Mais cela passe par une agriculture indigène productive, des terres cultivables préservées, moins de bureaucratie et de meilleures conditions pour les familles paysannes. Pas par des objectifs irréalistes, des prescriptions alimentaires et une nouvelle usine à gaz étatique.
La sécurité alimentaire est trop importante pour être abandonnée aux apprentis sorciers de la planification. Gardons la maîtrise de nos champs, de nos étables et de nos assiettes. Le 27 septembre, votons NON à l’initiative sur l’alimentation.