éditorial

La Genève internationale a besoin d’une Suisse neutre

« Genève, lieu pour la paix ». Cette inscription que l’on trouve sur plusieurs panneaux touristiques aux abords de Genève n’est pas anodine et reflète une réputation mondialement reconnue. Des centaines d’organisations internationales, des milliers de diplomates, des négociations décisives et des rencontres entre États s’y déroulent chaque année. Cette position unique ne doit rien au hasard. Elle est le fruit d’un choix politique qui a fait la force de notre pays depuis des générations : la neutralité.

Céline Amaudruz
Céline Amaudruz
conseillère nationale Vandoeuvres (GE)

Si la Suisse est devenue le lieu où les adversaires acceptent de se rencontrer, c’est parce qu’elle n’est pas perçue comme le relais des intérêts d’un bloc contre un autre. Notre pays inspire confiance précisément parce qu’il est indépendant. Cette crédibilité est un capital considérable, construit patiemment au fil de l’histoire.

La Genève internationale n’existerait pas sous sa forme actuelle si la Suisse avait choisi l’alignement politique ou militaire. Les organisations internationales recherchent un environnement stable, prévisible et impartial. Elles savent qu’en Suisse, les discussions peuvent avoir lieu dans un climat de sécurité, loin des rapports de force qui dominent souvent la scène internationale.

La Genève internationale fragilisée
Or cette réputation est aujourd’hui fragilisée. À force de reprendre les positions de l’Union européenne, de s’associer toujours davantage aux politiques de sanctions ou de multiplier les prises de position qui nous éloignent de notre rôle traditionnel, la Suisse brouille son image. Aux yeux de nombreux États, notre neutralité apparaît de moins en moins évidente. C’est une évolution préoccupante, non seulement pour notre politique étrangère, mais aussi pour Genève.

Car lorsque la neutralité perd de sa crédibilité, c’est toute la place internationale genevoise qui risque de s’affaiblir. D’autres villes seraient heureuses de récupérer des conférences, des organisations ou des institutions aujourd’hui établies sur les rives du Léman. Rien n’est définitivement acquis.

La neutralité comme trait-d’union entre les peuples
Préserver la neutralité, ce n’est pas vivre repliés sur nous-mêmes. C’est au contraire permettre à la Suisse de continuer à servir de trait d’union entre les peuples, d’offrir ses bons offices lorsque les autres échouent à se parler et de maintenir Genève comme un lieu incontournable du dialogue international.

Le 27 septembre, nous avons l’occasion de redonner à notre neutralité la solidité qu’elle mérite. En inscrivant une neutralité permanente et armée dans notre Constitution, l’initiative apporte une garantie claire pour les générations futures.

Pour Genève, pour la crédibilité de notre pays et pour préserver ce rôle unique qui fait la fierté de la Suisse, votons OUI à l’initiative sur la neutralité.

Céline Amaudruz
Céline Amaudruz
conseillère nationale Vandoeuvres (GE)
 
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