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Exposé

Citoyenneté et identité

Il y a d’abord un paysage émotionnel. Celui sur lequel se sont posés mes yeux, tout au début de ma vie sur terre. Un paysage magique, pétri de souvenirs, où la neige semble plus blanche, la forêt…

Il y a d’abord un paysage émotionnel. Celui sur lequel se sont posés mes yeux, tout au début de ma vie sur terre. Un paysage magique, pétri de souvenirs, où la neige semble plus blanche, la forêt plus verte, l’eau de la rivière plus claire. Mais cette terre est aussi gorgée d’histoires, celles que racontent les vieux au coin du feu dans les familles qui donnent encore priorité à l’âtre avant la télévision. Et puis il y a la grande histoire, celle des peuples, relatant guerres, actes d’héroïsme, victoires et défaites. Dans son terreau, le pays que je dis mien renferme les vestiges d’un passé agité. Les os de ceux qui m’ont précédé y gisent dans l’ombre, mais leur esprit subsiste dans le monde visible et a laissé ses traces dans les murs de vigne, les églises, les chemins creux aux pavés millénaires. Ils sont partis, certes, ces ancêtres, leur âme s’est envolée vers d’autres cieux, mais la terre qu’ils m’ont laissée exhale le souvenir de ce qu’ils furent. L’organisation parcimonieuse de l’espace, tel bisse, tel alpage, tel puits improbable témoignent de leur esprit industrieux, leur imagination, leur conception de la vie.

Cette terre que j’ai reçue en héritage, je la transmettrai à mon tour à mes enfants. C’est tout un passé, un patrimoine unique que je mettrai dans les mains du futur qu’ils représentent. Sans lui, ils seront coupés de leurs racines, sans lui, ils dériveront dans un monde hostile à tout esprit sédentaire, toute tradition, tout enracinement. Sans ce passé reconnu, respecté et aimé, ils seront victimes d’un éternel présent et ne pourront faire de leur futur le passé de ceux qui les suivront. Ils ne laisseront pas d’empreinte dans lesquelles les générations futures pourront poser leurs pieds avant d’affronter le terrain difficile de l’innovation. Refusant l’assise du géant qui les porte, ils seront écrasés sous ses pieds.

Un homme sans passé se prive de futur. Or, l’histoire forge l’identité, elle nous donne notre caractère, notre humanité, notre particularité. Sans elle, nous sommes identiques à tout et rien, nous ne sommes personne.

Certains diront que tout cela n’est qu’illusion, qu’il ne s’agit que d’un mythe forgé par notre imagination. Je leur répondrai que s’il s’agit d’un mythe, c’est parce que tout homme, quoi qu’il prétende, construit sa perception du monde autour de ses mythes personnels. Cependant, ce mythe est tout sauf un mensonge. Il est plus vrai que la réalité. Il la forge de manière invisible, il lui donne une âme. Le mensonge ne fait qu’effleurer la surface du monde. Le mythe, lui, sort de ses entrailles et se raconte à notre subconscient à travers nos sentiments, notre soif d’absolu, notre imagination créatrice.
Lorsque le socialisme scientifique cherche à façonner des « citoyens du monde », lorsqu’il veut faire tomber les frontières, il s’attaque précisément à cela : A l’esprit. A l’identité. Au lien unique qui unit l’homme et la terre de ses aïeux. Il qualifie le mythe de mensonge, car il sait qu’un mythe ne peut être combattu, alors que le mensonge peut être transformé en n’importe quoi, même en vérité. Une vérité qui sert de manteau à une idéologie forcément totalitaire, puisqu’elle est détachée de l’humain, de la terre, de la vie. L’homme sans identité, le camarade internationaliste, définit une idéologie qu’il prétend objective, alors qu’elle ne représente qu’une subjectivité de plus cherchant à asseoir le pouvoir de l’abstrait sur le concret, du discours sur la réalité.

Mais qu’est-ce que ce passeport à croix blanche qui définit si bien notre identité ? Une entrave ? Un sésame-ouvre-toi ? Un bout de papier sanctionnant un acte administratif ?

J’y vois plutôt le signe tangible de ce que nous sommes, le symbole d’une volonté commune de former une collectivité caractérisée par certaines valeurs, lois et règles.

Le passeport a une fonction intégrative. Celui qui désire l’obtenir doit avoir parcouru un chemin initiatique. Aucun Suisse n’est Suisse de naissance. Il le devient en foulant la terre de ses ancêtres, il le devient parce qu’il est entouré, choyé, parce qu’il est porté par une histoire, des traditions, un milieu familial. L’étranger qui désire joindre cette communauté d’esprit, qui veut faire sien le mythe de notre pays souverain et indépendant, est le bienvenu. Mais il devra faire acte de volonté, il devra prouver qu’il est digne de devenir membre de la communauté de la croix blanche. Pourquoi donnerions nous la citoyenneté à quelqu’un qui ne reconnaît pas les valeurs qui en sont le ferment ? Pourquoi ouvririons-nous les portes de notre société à quelqu’un qui ne cherche qu’à la subvertir au nom de lois qui ne sont pas les nôtres, de valeurs contraires, de principes incompatibles avec notre texte fondateur, la Constitution ?

Offrir la citoyenneté sans exigences, la brader imprudemment, met en péril la cohésion du corps social. Naturaliser quelqu’un qui ne veut que des droits et refuse d’endosser les devoirs qui leur sont assortis, c’est créer une dissonance, une société schizophrène, c’est courir le risque de fractionner l’identité de la société civile Suisse.

Ceci d’autant plus que cette société ne repose pas sur une culture et une langue unique, mais sur une diversité qui a décidé, d’un commun accord, de constituer une communauté de destin. Or, cette volonté commune est étayée par un certain nombre de valeurs fixées dans la Constitution. Les remettre en question, les relativiser où les refuser, c’est faire courir au pays le risque de voler en éclats. Voilà pourquoi une adhésion de notre pays à l’UE signifierait, ni plus ni moins, sa dissolution. Car par la perte de substance qu’elle induirait au niveau de la démocratie directe, du fédéralisme et de la subsidiarité, les fondements même de la souveraineté de l’Etat confédéral, elle amènerait l’abandon du ciment constitutionnel qui définit la Suisse.

Jusqu’à ce jour, les Suisses ont réussi le défi d’être patriotes sans être nationalistes, prudents sans être renfermés sur eux-mêmes, ouverts sans perdre leur âme. Ils ont compris que leur citoyenneté est unique au monde, assortie de droits politiques étendus et que ce bien conservera sa valeur aussi longtemps qu’ils auront le courage de le défendre contre toute tentative de prise en otage, de dépréciation ou d’abandon. En 2004, ils ont voté contre la naturalisation facilitée, non pas pour fermer la porte à l’autre, le frère humain venu d’ailleurs, mais pour affirmer la valeur d’une citoyenneté unique au monde. Accorder à l’autre un papier sans valeur, c’est le mépriser. Lui accorder un papier précieux, c’est reconnaître sa valeur humaine et citoyenne.

Bientôt, les Suisses devront décider si la citoyenneté est un droit politique ou un simple acte administratif. Sachant leur attachement à la terre de leurs pères, aux traditions qui l’ont façonnée et aux valeurs qui lui ont insufflé une âme, je ne doute pas qu’ils redonneront toute sa valeur à la citoyenneté Suisse, une citoyenneté dont ils ont toutes les raisons du monde d’être fiers.

par l’auteur
Oskar Freysinger
SVP (VS)
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