éditorial

Plus d’Etat, moins de secteur privé

C’est le monde à l’envers. La Confédération veut dépenser des milliards de francs pour la culture et le sport tout en interdisant aux entreprises privées de soutenir des grandes manifestations par des actions publicitaires et de sponsoring. Les fabricants de tabac auront encore plus de peine à l’avenir d’agir dans ce domaine. Or, ces nouvelles législations viennent avant tout de Bruxelles. Une fois de plus le Conseil fédéral reprend des règlementations européennes hostiles à l’économie. Mais ce n’est là qu’un avant-goût de ce qui nous attend si la Suisse doit reprendre un jour "dynamiquement" les règlementations UE dans le cadre d’un accord institutionnel. 

Roland Borer
Roland Borer
conseiller national Kestenholz (SO)

Le Conseil fédéral a cimenté la semaine dernière les grandes lignes voulues par le conseiller fédéral Berset pour la nouvelle loi sur les produits du tabac. L’orientation decette législation méprise non seulement la liberté économique et la liberté des citoyens, mais aussi la volonté du peuple. Le souverain suisse a en effet clairement rejeté en 2012 une nouvelle mise sous tutelle et une intervention étatique excessive sous le prétexte de la prévention du tabagisme. D’ailleurs, la protection de la santé du peuple et de la jeunesse est aujourd’hui largement assurée. Il n’y a donc aucun raison et aucun mandat de lancer une action aussi interventionniste de l’Etat. Au lieu de faire confiance à des citoyens et consommateurs adultes, on continue de centraliser et d’étatiser. 

Citoyennes et citoyens tenus en laisse
Cet activisme de l’Etat au détriment de la responsabilité individuelle, de la subsidiarité, du marché, de l’autorégulation et de la bonne foi se poursuit joyeusement. Les apôtres fonctionnarisés de la prévention refusent de voir les signaux politiques et cherchent constamment à étendre leur influence sur la vie quotidienne des citoyens et à restreindre la liberté économique. Leur action sournoise est pourtant facile à démasquer: comprenant qu’ils n’obtiendront jamais une interdiction complète du tabac devant le peuple, ils cherchent à réduire la consommation par une multiplication jamais vue jusqu’ici d’interdictions et de règlementations. Le tabac est pourtant un produit de consommation parfaitement légal et admis par la société. Sous la prétexte de la prévention et de la protection de la jeunesse – qui sont déjà largement assurées en Suisse – on gonfle l’appareil bureaucratique par des nouvelles activités de contrôle et de surveillance. La question est savoir à quels autres produits ces intégristes de la santé s’attaqueront ensuite: l’alcool, les matières grasses, le sucre, le sel ou la viande?

Droit UE au lieu d’autodétermination
Ces évènements confirment la politique à rebours du bon sens menée par la Berne fédérale: d’un côté, le Conseil fédéral veut dépenser des milliards pour la culture et le sport, de l’autre côté, il édicte de nouvelles lois qui empêcheront des entreprises privées de soutenir des grandes manifestations par le sponsoring et la publicité. Moins de secteur privé, plus d’Etat. Il est prévu d’exclure complètement l’industrie du tabac de ce secteur. Une fois de plus, il s’agit de reprendre du droit UE. Le Conseil fédéral adopte les yeux fermés toutes les règlementations UE hostiles à l’économie. Mais ce n’est qu’un avant-goût de ce qui nous attend si la Suisse conclut un accord-cadre de rattachement institutionnel à l’UE qui l’obligera à reprendre dynamiquement des règlementations UE. 

Le Conseil fédéral met sous tutelle les citoyennes et les citoyens
Avec sa nouvelle loi sur les produits du tabac, le Conseil fédéral ignore non seulement la liberté des citoyens et des consommateurs, mais aussi la volonté du peuple. Le peuple suisse a en effet clairement rejeté en 2012 une nouvelle mise sous tutelle et une intervention étatique excessive sous le prétexte de la prévention du tabagisme. D’ailleurs, la protection de la santé du peuple et de la jeunesse est aujourd’hui largement assurée. Au lieu de faire confiance à des citoyens et consommateurs adultes, on continue de centraliser et d’étatiser. Cette politique doit être combattue avec détermination. 

 

Roland Borer
Roland Borer
conseiller national Kestenholz (SO)
 
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