La démocratie directe suisse repose sur une idée simple : le peuple décide. Mais pour décider librement, encore faut-il qu’il dispose d’informations exactes. Sans cela, le vote perd sa substance et devient un simple exercice de communication politique.

Les révélations publiées dans le journal 24 Heures, relatives à l’audit du contrôle fédéral des finances sur l’inexactitude des chiffres avancés par le Conseil fédéral en marge de votations d’envergure, sont particulièrement inquiétantes. Elles montrent que, lors de plusieurs votations, des chiffres inexacts ou trompeurs ont été utilisés dans les documents officiels remis aux citoyens ! Que ces erreurs soient le fruit d’une négligence ou d’un dysfonctionnement importe finalement peu, le résultat est le même : La confiance est ébranlée. Or, la démocratie directe ne peut reposer que sur la confiance.
Le pire est-il à venir ?
La Suisse s’apprête à vivre l’une des campagnes de votation les plus importantes de son histoire : celle sur le traité d’adhésion institutionnelle avec l’Union européenne. Un texte qui prévoit une reprise « dynamique » du droit européen, une surveillance accrue de notre législation et un rôle déterminant de la Cour de justice de l’Union européenne dans le règlement des différends.
Sur un sujet aussi fondamental, les citoyens devront pouvoir se prononcer en toute connaissance de cause. Pourtant, après les affaires récentes, comment ne pas s’interroger ? Comment croire que le Conseil fédéral, qui défend ce traité avec enthousiasme, résistera à la tentation de présenter les chiffres les plus favorables, de minimiser les coûts, de relativiser les pertes de souveraineté ou d’exagérer les prétendus risques d’un refus ?
Une question légitime
Lorsque l’autorité chargée d’informer la population a déjà diffusé des données erronées sur des objets soumis au vote, il devient parfaitement légitime d’exiger une vigilance maximale. Les Suisses ne doivent plus accepter des promesses invérifiables, des projections orientées ou des scénarios catastrophes destinés à influencer leur choix.
Le débat sur notre avenir européen mérite mieux que des brochures officielles transformées en outils de campagne. Notre souveraineté vaut davantage qu’une démonstration statistique soigneusement arrangée. Notre démocratie mérite des faits, pas des éléments de langage. Et notre liberté exige que chaque citoyen puisse voter sur la base d’informations complètes, transparentes et honnêtes.
Dans les mois qui viennent, chacun devra donc exercer son esprit critique plus que jamais, vérifier les affirmations, confronter les sources, refuser les raccourcis…
Face à un traité qui ferait de nous des vassaux de l’Union européenne, une seule réponse s’impose : défendre notre démocratie, défendre notre liberté, défendre la Suisse.
Le moment venu, votons clairement NON au traité d’adhésion à l’UE !