L’initiative de la gauche pour l’allègement des primes est un hold-up sur le porte-monnaie de la classe moyenne

Céline Amaudruz
Céline Amaudruz
conseillère nationale Genève (GE)

Signor Presidente del partito,
Messieurs les Conseillers fédéraux,
Sehr geehrte Damen und Herren, liebe SVP-Familie,

Le pouvoir d’achat est revenu ces derniers mois au centre des préoccupations de la population. La première, l’UDC avait tiré la sonnette d’alarme en luttant inlassablement contre toutes les politiques taxatrices qui privent la population de son pouvoir d’achat.

Qu’elles soient écologiques, économiques ou sociales, toutes les mesures politiques qui se fondent sur l’augmentation de la taxation pour atteindre leur but ont un point commun : c’est toujours la classe moyenne qui paie la facture à la fin.

Aujourd’hui, nous faisons face à une nouvelle proposition faussement alléchante de la gauche syndicale. Une nouvelle fausse bonne idée qui s’inscrit dans la longue litanie des nouvelles taxations de la classe moyenne. En 2030, les coûts supplémentaires engendrés par l’initiative proposée par les syndicats seraient de l’ordre de 10 milliards de francs, chaque année. Soit 2’000 francs de plus par actif ! Et tout cela, en se trompant de cible.

Prenons l’exemple du Canton de Vaud, qui applique d’ores et déjà cette limitation des primes à 10% du revenu. Nous pouvons en tirer deux conséquences :

  • D’une part, c’est la classe moyenne qui passe à la caisse. Un couple dont les deux membres touchent le salaire médian de 74’000 francs paie chaque année 27’000 francs d’impôts, dont plus de 1’000 francs uniquement pour financer les subsides cantonaux. Ces subsides représentent 10% des charges du canton !
  • D’autre part, le problème n’a pas du tout été résolu. En effet, le Canton de Vaud bat tous les records en matière d’augmentation des primes : le coût réel de la santé est peut-être caché par la fiscalité, mais la prime vaudoise est l’une des plus chères. Seul le canton de Genève, le mien, fait pire. Avec sa généreuse politique des subsides, la prime moyenne y a atteint 454 francs en 2024 !

Les initiatives faussement alléchantes de la gauche syndicale sont systématiquement corrélées à des coûts cachés, des suppressions d’emploi, des augmentations des prix et, finalement, une baisse du pouvoir d’achat. C’est à raison que Frédéric Bastiat, un député français du 19e siècle, qualifiait ce réflexe étatique de pillage réciproque, qui n’aboutit au final que sur la précarisation du plus grand nombre.

Pire ! Comme la majorité de centre-gauche du Parlement bloquera toute diminution des budgets de l’asile ou des milliards envoyés à l’étranger, ce sont bel et bien les Suisses, notamment la classe moyenne, qui en assumeront les coûts, de plein pot.

Quelles solutions à droite ?
Mais si l’on ne veut pas de cette solution de gauche, alors que proposons-nous ? Que se passera-t-il si nous refusons cette initiative ?

Tout d’abord, le contre-projet indirect entrera automatiquement en vigueur. Les cantons qui n’accordent que peu de subsides devront être plus généreux, ce qui favorisera directement les personnes dans le besoin, sans charger à l’extrême la classe moyenne.

Ensuite, nous continuerons le travail sur le vrai problème : l’augmentation constante des coûts. Saviez-vous que les coûts de la santé en Suisse correspondent à 10’000 francs par personne et par an ? Toute solution qui ne vise pas la réduction se résume en une phrase : donner 100 francs de la main gauche et prendre 200 de la main droite.

C’est pour mettre un terme à cette logique pernicieuse que j’ai déposé une initiative parlementaire qui propose un moratoire sur les coûts de la santé. Cette initiative est claire : en 2025, le montant des primes ne peut pas être plus élevé qu’en 2024 – les acteurs de la santé doivent faire avec les mêmes moyens pour ces deux années. Cette solution, rapide à mettre en œuvre, obligera les acteurs de la santé à s’attaquer eux-mêmes aux coûts, sachant qu’ils ne pourront tabler sur une augmentation constante du financement public.

Cette proposition est pendante au parlement et je la défendrai prochainement devant la commission de la santé.

Or, elle est menacée par l’initiative socialiste qui, en cas d’acceptation, bloquera toute nouvelle réflexion avant longtemps. Son prix désorbitant et la dissimulation des coûts sous le tapis des impôts rendront la situation incompréhensible en peu de temps.

Chers délégués, ne cédons pas aux expériences de la gauche qui finissent toujours par retomber sur le peuple et en particulier sur la classe moyenne qui se lève tôt et travaille ou a travaillé toute sa vie.

Laissons aux cantons la responsabilité de subvenir à ceux qui en ont besoin, comme le veut notre modèle fédéraliste qui a fait maintes fois ses preuves. Pour la défense du pouvoir d’achat de la classe moyenne, je vous invite à refuser la logique taxatrice en votant NON à cette initiative dangereuse.

Céline Amaudruz
Céline Amaudruz
conseillère nationale Genève (GE)
 
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