Sans agriculture, pas d’indépendance
La Suisse a franchi pour la première fois la barre des 9 millions d’habitants à la mi-2024. À ce rythme, nous atteindrons les 10 millions bien avant 2050. Cette croissance a des conséquences très concrètes, notamment pour le monde agricole. Chaque année, des terres cultivables disparaissent sous la pression du développement urbain et des infrastructures. Et chaque hectare perdu est définitivement perdu pour notre production alimentaire.

La conséquence est claire : moins de terres signifie moins de production locale et davantage d’importations. Dans un contexte international instable, cette dépendance fragilise notre sécurité d’approvisionnement. Un pays qui ne peut plus se nourrir lui-même perd une part de sa souveraineté.
En parallèle, la pression sur le foncier augmente. Les prix montent, les marges se réduisent et la transmission des exploitations devient plus difficile. Des fermes familiales disparaissent, alors qu’elles sont au cœur de notre agriculture, de sa qualité et de sa diversité.
Cette évolution entraîne aussi une baisse de la biodiversité. Les haies, les prairies et de nombreux habitats naturels reculent, remplacés par des constructions. Avec moins d’espaces naturels et agricoles, les espèces animales et végétales diminuent. Notre environnement s’appauvrit progressivement.
Le paysage suisse change lui aussi. Les terres agricoles cèdent la place à des routes, des immeubles et des zones industrielles. Ce que nous perdons, c’est un patrimoine façonné par des générations.
On ne peut pas parler de durabilité tout en acceptant une croissance illimitée. Préserver nos ressources, notre agriculture et notre capacité à produire est essentiel. L’initiative « Pas de Suisse à 10 millions !» fixe une limite nécessaire pour anticiper plutôt que subir. Elle vise à protéger notre agriculture, nos paysages et notre autonomie.
Le 14 juin, dire oui à cette initiative, c’est défendre nos terres, nos exploitations familiales et freiner la baisse de la biodiversité.
Sans terres agricoles, il n’y a pas de souveraineté. Sans agriculture, il n’y a pas d’avenir. Le 14 juin, votons OUI.


