Faute de vouloir répondre sur le fond, les opposants à l’initiative sur la neutralité préfèrent caricaturer ceux qui la défendent. Être neutre ferait de nous des « pro-Poutine ». Refuser de nous aligner sur Bruxelles ferait de nous des « pro-Trump » ! Mais défendre la neutralité suisse, ce n’est être ni pro-russe, ni pro-américain, ni pro-européen. C’est être pro-Suisse !

La neutralité ne doit dépendre ni des personnes ni des circonstances. Elle ne consiste pas à approuver ou à condamner tel ou tel dirigeant étranger, mais à défendre en permanence les intérêts de la Suisse. Les présidents passent, les conflits changent. Les intérêts de la Suisse, eux, demeurent.
Notre pays est petit. Nous n’avons aucun intérêt à jouer les grandes puissances ou à nous mêler de guerres qui ne sont pas les nôtres. Notre force a toujours été ailleurs : une Suisse indépendante, armée et neutre, capable de défendre ses intérêts tout en conservant la possibilité de dialoguer avec tous.
C’est précisément ce que doit garantir notre neutralité : la liberté de décider nous-mêmes de notre politique étrangère et la capacité de la Suisse à rester un interlocuteur crédible, y compris lorsque les autres ne peuvent plus se parler.
La force de la médiation suisse
Soyons cohérents : comment prétendre offrir nos bons offices demain si nous choisissons nous-mêmes un camp aujourd’hui ? Comment être un intermédiaire crédible si notre politique étrangère change au gré des pressions internationales ?
La Suisse a quelque chose que beaucoup d’autres pays n’ont plus : la possibilité d’ouvrir des portes lorsque celles-ci sont fermées ailleurs. Cette capacité de dialogue n’est pas un luxe diplomatique. C’est un atout pour notre sécurité et pour nos intérêts.
La neutralité n’est ni de la lâcheté ni de la passivité ! Elle exige au contraire une Suisse forte. Et cela passe par une armée moderne, correctement équipée et capable de défendre notre territoire et notre population. Sans défense nationale crédible, il ne peut y avoir de neutralité crédible.
Dans un monde toujours plus instable, abandonner un pilier de la sécurité de notre pays serait irresponsable. La Suisse n’a pas à choisir entre Washington, Moscou ou Bruxelles. Elle doit choisir Berne, toujours.
Alors cessons les caricatures et les procès d’intention. Défendre notre neutralité ne revient pas à soutenir Poutine ou Trump. Cela revient à défendre notre indépendance, notre sécurité et notre liberté de décision.
Ni pro-Poutine, ni pro-Trump : pro-Suisse !
Le 27 septembre, votons OUI à l’initiative sur la neutralité.