Bruxelles jusque dans notre assiette et sous notre capot
Pendant longtemps, les partisans d’un rapprochement avec l’Union européenne nous ont expliqué que Bruxelles ne s’occupait que des grands dossiers économiques. La réalité est tout autre.

Année après année, la bureaucratie européenne étend son emprise sur des aspects toujours plus nombreux de la vie quotidienne des citoyens. Les exemples récents illustrent parfaitement cette dérive.
Dès l’été 2026, les nouvelles voitures commercialisées dans l’Union européenne devront être équipées d’une interface permettant l’installation d’un éthylotest antidémarrage. Officiellement, il ne s’agit encore que d’un pré-équipement obligatoire. Mais chacun comprend la logique à l’œuvre : préparer aujourd’hui ce qui pourra devenir demain une obligation généralisée. Toujours plus de contrôles, toujours plus de surveillance, toujours moins de responsabilité individuelle. Dans le même esprit, Bruxelles a décidé d’interdire les sachets individuels de ketchup, de mayonnaise ou de moutarde dans la restauration sur place. Une mesure inscrite dans le nouveau règlement européen sur les emballages. Les fonctionnaires européens considèrent désormais qu’ils doivent décider jusque dans quel contenant nous recevons la sauce avec nos frites.
Une folie réglementaire édifiante
Pris séparément, ces exemples peuvent sembler anecdotiques. Ensemble, ils révèlent pourtant une tendance lourde : une administration supranationale qui légifère sur toujours davantage de domaines, souvent loin des préoccupations réelles des citoyens. À Bruxelles, le réflexe est presque toujours le même : lorsqu’un problème apparaît, on crée une nouvelle règle, une nouvelle norme ou une nouvelle contrainte.
Pourquoi cela devrait-il concerner les Suisses ? Parce que le Conseil fédéral poursuit son projet de rapprochement institutionnel avec l’Union européenne. Les nouveaux accords prévus (que la presse et les partisans appellent faussement « Bilatérales III ») impliqueraient une reprise obligatoire de pans entiers du droit européen. En clair, des règles élaborées à Bruxelles pourraient s’imposer chez nous sans que le peuple suisse puisse voter.
La force de la Suisse repose pourtant sur un principe simple : les lois doivent être élaborées aussi près que possible des citoyens et rester sous contrôle démocratique. Notre fédéralisme et notre démocratie directe permettent d’adapter les solutions à nos réalités plutôt que de subir des prescriptions uniformes conçues pour plus de 400 millions d’Européens.
Aujourd’hui, Bruxelles réglemente le ketchup. Et demain ? La vraie question est de savoir : qui décide chez nous ? Les Suisses ou les bureaucrates européens ?

