Il n’aura fallu que quelques heures. Face à l’invasion migratoire sans précédent qui a débuté à Ceuta (Espagne) le 30 juillet, la réaction française a été immédiate : Emmanuel Macron a annoncé le renforcement des contrôles à la frontière avec l’Espagne et une mobilisation accrue des forces de sécurité, dans un message sans ambiguïté. Lorsqu’un État est confronté à une menace migratoire, sa première mission est de défendre ses frontières.

Cette évidence semble pourtant échapper au Conseil fédéral. Alors que l’Europe entière prend progressivement conscience de l’ampleur de la grave crise migratoire qu’elle a laissé se produire sur son sol, le conseiller fédéral socialiste Beat Jans, en charge de l’immigration, nous donne l’impression de vivre dans une réalité parallèle. Les arrivées illégales se multiplient. Les centres d’asile débordent. Les coûts explosent. Les cantons et les communes réclament des solutions. Les abus sont connus de tous. Pourtant, de Berne, rien ne vient.
Le Conseil fédéral fait-il la sieste ?
Là où d’autres gouvernements réagissent, il observe. Là où d’autres renforcent leurs frontières, il multiplie les discours d’ouverture aux migrants. Là où d’autres défendent les intérêts de leur pays, il se contente d’accompagner les événements, comme si la Suisse n’avait d’autre choix que de subir. Cette passivité est incompréhensible. Plus grave encore, elle est dangereuse.
Car chaque jour d’inaction fragilise davantage notre pays. Les dépenses liées à l’asile atteignent des niveaux records. Les infrastructures sont sous pression. Les collectivités publiques doivent absorber des charges toujours plus lourdes. Pendant ce temps, les passeurs savent que l’Europe occidentale demeure une destination attractive et que la Suisse continue d’offrir un système particulièrement généreux.
Combien de crises faudra-t-il encore avant que le Conseil fédéral accepte enfin de regarder la réalité en face ? Combien de signaux d’alarme faudra-t-il ignorer avant que le Conseil fédéral comprenne que la protection des frontières constitue l’une des missions les plus élémentaires de l’État ?
La Suisse doit reprendre le contrôle
La Suisse mérite une politique migratoire fondée sur la responsabilité plutôt que sur l’idéologie. Elle mérite des autorités qui anticipent au lieu de subir, qui protègent au lieu de s’excuser et qui défendent les intérêts de leur propre population. Au lieu d’affaiblir l’office fédéral de la douane et de la sécurité des frontières en supprimant des postes, le Conseil fédéral doit immédiatement le renforcer.
L’initiative pour la protection des frontières apporte précisément cette réponse. Elle redonne à la Suisse les moyens de reprendre le contrôle de sa politique migratoire, de lutter efficacement contre les abus de l’asile et de protéger notre sécurité. Face à un Conseil fédéral qui refuse obstinément d’agir, il appartient désormais aux citoyens de reprendre les choses en main. Soutenir cette initiative, c’est choisir une Suisse qui maîtrise à nouveau ses frontières au lieu de les abandonner.